L'AGONIE par Philippe GRANGER


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Déjà là depuis l’avant-veille
Toute la famille te veille
Il semble qu’elle s’émerveille
A suivre en lever de rideau
L’ultime crescendo…

Inconditionnels du parloir
D’autres encor dans le couloir
Ne songent pas à t’en vouloir
Si tu pars comme on parodie
L’ultime tragédie…

Pendant que déjà l’on t’encense
Quitte la vie avec décence
Brille par delà ton absence
Ou adonne-toi au trépas
Franchis l’ultime pas…

Peu leur importe ton esprit
Ton corps pour l’heure à plus de prix
C’est de lui qu’ils se sont épris
Même si sa victoire est faite
D’une ultime défaite…

Car de temps en temps il sourcille
Dans ses yeux la lueur vacille
C’est l’œuvre de cette faucille
Qui va et vient donner la mort
A l’ultime remords…

Et il ne dit que des « j’aimais »
Parce qu’il sait bien désormais
Ce que signifie plus jamais
Il fait du passé son bagage
Pour l’ultime voyage…

Puis il retrouve la quiétude
Il recouvre la certitude
Que tout est comme d’habitude
Le temps de paraître radieux
Dans un ultime adieu…

Les affres l’ont abandonné
Il ne se croit plus condamné
Et glisse comme un nouveau-né
Dans le ventre de l’univers
Pour renaître à l’envers.


Philippe GRANGER

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