Léo Charles Antoine...Sale typ par Jacques Gourvennec


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T'as les mots qui racolent sur une gueule d'inventaire
Tout en haut sous ton front dans tes yeux d'acajous
Qu'on dirait qu't'as fouillé dans l'tiroir à colères
Qu'on dirait qu't'es tombé d'un nuage à genoux

C'est la rime qui t'efface dans tes nuits de lumières
Sous la lampe à déprime quand t'arrives contre jour
Qu'on dirait qu't'as vendu des visages de misère
Pour du vent qu'on imprime sur papier de velours

Avec plein ton chapeau, avec plein ta vitrine.
Plein tes rêves d'insensés, pour un coin dans ton cœur.
Quand ta voix pour casser fait sa rime assassine.
Face à tant d'éventails face aux pleurs pour des leurres .

Dans tes planques halogènes au plancher trop chauffant.
Quand tes mains te retiennent des claviers trop grinçants.
À fouiller dans ta lettre les humeurs dans ta veine .
À nous tendre des miettes à nous tendre du vent .

Dans ta langue sans faux-pas découpée de rancunes.
Dissipant des senteurs des couleurs du plein ciel.
L'aube grise des pleurs ou tes yeux se consument.
Aux visions camouflées sur fins fonds d'aquarelles.

T'es du bluff pardonné du brillant dans ton ventre.
Pour tes yeux parsemés de pépites aux éclats.
Pour ton bec azuré des ivresses des encres.
Pour ta mine crève-coeur à la tête des rois.

T'as l'cheveux Rock n'roll et ta danse de derviche.
T'as du rêve maquillé des faux airs du printemps.
T'es du poil à gratter qu'a bouffé du caniche.
À toujours rechercher dans la Rose des vents.

C'est la clope que t'oublies en fumées de prières
C'est l'amour qu'a jauni des absences et de toi
C'est la trace dans tes lignes qu'ont fait l'tour de la terre
Poursuivant ton nuage à demeure sous un toit

T'es la mer bavarde quand les mauves transpirent
Comme un cri qu'on effleure les matins rouges sang
Des goélands au ressac où les gueules chavirent
Où tu chantes les heurts au plus clair de tes dents

À saper du kaki dans tes vertes rengaines
À défendre ta plume… Il faut bien que tu vives…
À la Une à la haine ton drapeau pour les cons
Brancardier dans tes veines comme coule l'eau vive

Aux syllabes noyées et la mort en sourdine
Aux satires de l'ode dans tes sables mourants
Au bastringue de Berlioz… d'Ophélie sa copine
T'as la gueul' du hasard à croquer du carcan


T'es pas toi, tu t'consoles
T'es tout l'monde et pourtant
On dirait qu't'es poète, t'es du rêve qui fout le camp


Jacques Gourvennec


Jacques Gourvennec

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