Ca me regarde par Jacques Gourvennec


poème précédent - poème suivant


La poésie ça me regarde, j’ai mes espaces d’intimité, à me dénouer de mes névroses, en faces cachées des libertés.

Je suis à moi tout seul, une maladie... Une maladie qui soigne...
Pour me guérir des différences, à me nourrir d’extravagances, de la tête à mes pieds, poétiquement parlants.

Un amoureux d’moi-même, figé dans le regard, de cet autre moi-même, où je me sens cet autre, cet autre-ci ou bien cet autre-là, qui passe, sans ne jamais bien regarder.

Celui qui comme moi, ne regarde que lui…
Que ce qu’il aime, que ce qu’il aime à détester…

Je suis le con des cons, qui marche dans la lignée du con suprême, narcissiquement parlant, le doigt pointé sur l’esthétique, poétiseur qu’en ma faveur, comme un revers à mon propre défaut et d’une mise à l’index…

Je suis le rouge, je suis le blanc, le clown qui joue de la grimace et qui se soigne solo !

Dans mes rapports intimes avec les glaces des salles de bains…

Dans les vitrines, qui ne vitrinent plus rien, qu’un semblant de mon spectre.

Dans les miroirs des ascenseurs, conditionnés de mon unique présence.Histoire de me tirer la langue, sans y mettre les formes, histoire de supporter, l’idée insupportable, de ne pas être encor, maître de ce putain d'monde...

De ne pouvoir m’identifier à l’image d’idéale, au moyen du langage et du rapport aux autres…

Je poétise au face à face, de miroir en miroir, pour prouver que j’existe, à m’envoyer en l’air, dans l’air d’un psychotique.

A mélanger le rire, l’amour et le dégoût, sous le trait des grimaces, à larmes déployées…

Pour m’isoler d'la vie, et d’une idée d’la mort, cette source permanente de frustrations latentes.

Avec un univers que l’on se doit de conquérir…
Comme Un Chat ! Qui n’connaîtra jamais, la phase du miroir…


Jacques Gourvennec

Jacques Gourvennec

- commentaires :


Commentaires ouverts

Le site : Accueil - CONTACT
Thème Surréaliste