l'insoumise par Véronique Letertre


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Il pleut, c'est la nuit noire,
Ma valise est sur le trottoir,
Pas de taxi ni de clochard
Plus de toit, c'est trop tard.
C'est l'arbre de ma vie,
Qu'on déplume cette nuit.

Je te quitte, moi, l'insoumise,
Ma chair que tu traumatise,
Je n'ai même plus de larmes,
Ta cruauté me donne l'alarme,
Je te laisse à tes bouteilles,
Bien trop de raisin sur les treilles.

Marcher jusqu'à plus de force,
C'est le destin que je force,
Portant, lasse, ce triste bagage,
Bourrés de souvenirs sans âge,
Trouver une gare, une ville, un train,
Partir pour ne plus revenir demain.

Je te quitte, moi, l'insoumise,
C'est mon passé qui cicatrise,
Ta force, ton courage est un leurre,
Ta faiblesse a fait mon malheur,
Comment ai-je pu te succomber,
Trop relevée, trop souvent tombée ?

Il n'y a même plus de rancune,
Seule cette douleur inopportune,
Qui me fait prendre conscience,
De te libérer de ma présence,
Je pars, même plus de colère,
C'est juste une fuite salutaire.

Je te quitte, moi, l'insoumise,
Un autre avenir qui se précise,
A moi, les jours d'incertitude,
Je vais prendre d'autres habitudes,
Je te quitte, moi, l'insoumise,
J'ai la force de traîner cette valise.

Veronique Letertre le 28 08 2004



Véronique Letertre

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