La légende de la Saint Prosper par Véronique Letertre


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Un homme présent à ma devanture
En sollicite bien tôt l'ouverture,
Pensant qu'il veuille quelque nourriture
Et poursuivre de suite son aventure,
Je n'ai eu de coeur de le laisser affamé
Et repartir sur des routes mal famées,
Je lui ai ouvert ma porte, offert de déjeuner
Et me conter les histoires qui l'ont amené.

J'étais, moi, bien sûr, vilaine sorcière,
En ces contrées maudites, sans frontières
Cette renommée qui me suivait d'hier,
Me conduirait au bûcher, d'une allure fière.
Dans mon logis, caché dans cette clairière,
Est apparue, soudain, une nouvelle lumière,
Et mon coeur, déjà, n'était plus celui d'hier,
N'étant plus caché sous la poussière.

Il m'a parlée, regardée, remerciée d'un baiser
Nos regards se sont évités, puis alors croisés
J'ai vu ses yeux, envie soudaine de m'y noyer,
C'est vrai, il n'y a plus que lui que je voyais,
D'un sourire, m'a effleurée, plume de cygne
Espérant me voir sourire, lui donner un signe.
Je ne sais ce qui m'a prise, de ne pas lutter
De m'abandonner toute entière à sa bonté.

Dans le village, on a mis le feu au bûcher,
Acheté une carcasse au meilleur boucher,
On a fait la fête, c'était vers la saint Jean,
La sorcière n'est plus, chantèrent les enfants,
Et l'on raconte partout, qu'un simple voyageur,
Un matin, dans la clairière, de bonne heure,
Dans cette maison, là bas, dans la clairière
L'avait transformée en une belle chevalière.

Véronique Letertre Le 26 juin 1998

Véronique Letertre

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