NIL par Alain VARLET


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Je flâne et je m'étale,
J'enlace, je me prélasse;
Je gronde et je féconde,
J'inonde, je vagabonde.

Je sourds dessous les pierres,
Sous les Monts de la Lune;
J'exauçais les prières
D'un peuple sans fortune.

Un don du ciel,
Indomptable,
Indispensable,
Essentiel,
Infatigable,
Inépuisable.

Le Barrage d'Assouan
A calmé mes états,
Brisant le lien de sang
Du torrent au delta.

Au pied des pyramides,
Les temples engloutis
Fêtent un vieux Dieu humide,
Ouvrier sans outil.

Du temps de mes largesses,
Mes rives resplendissaient;
Aujourd'hui, ma sagesse
Dérive vers l'odyssée.

On tracera mon épitaphe
Un jour, peut-être, sur le sable,
Et je ne laisserai comme seul héritage
Qu'un petit lot de cartes postales...



Alain VARLET

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