L'arbre magique par Monia


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L'ARBRE MAGIQUE


Tel l'intrépide Younès* égaré sur les mers lointaines,

Tu naviguais vaillamment sur les flots, bercé par le chant des sirènes.

Tu ne reconnus pas la haine lorsqu'elle embarqua déguisée,

Une main sur le coeur, l'autre sur le Coran pour mieux te fourvoyer.



Sournoise vipère, elle te tendit ses dés ensorcelés que tu lanças au vent,

Le vaisseau se mit à tanguer, il fallut bien en alléger le chargement.

L'amour en sa beauté pèse toujours plus lourd, tu fus jeté par-dessus bord,

Tu sombras sans espoir de retour dans l'écume glacée de la mort.



Dieu te prit en pitié, tu l'avais si souvent sanctifié en tes prières,

Sur un signe de Lui, les ténèbres s'éclaircirent soudain puis se dissipèrent.

Tu rouvris les yeux sur une terre aride où une baleine t'avait échoué,

Dressé en son milieu, un arbre unique y agitait ses branches enchevêtrées.



Epuisé par ton long naufrage, tu t'avanças pour caresser les feuilles enchantées,

L'épreuve te parut harassante, au-dessus de tes forces, presque irréalisable en vérité.

Mais Dieu ne charge pas une âme de plus qu'elle ne peut supporter,

Tu sortis vainqueur de cette ultime lutte... Ainsi en avait-Il présagé !



Un frôlement de ton doigt et les rameaux touffus s'ouvrirent et s'écartèrent,

Un étrange message figurait sur le tronc rugueux, tu t'employas à le connaître.

En blanches arabesques y étaient transcrites les volontés de Dieu,

D'un souffle tu les fis voleter vers la Terre, puis gagné par la lassitude, tu refermas les yeux.


















* Younès, nom arabe de Jonas, l'homme au poisson, croyance commune aux religions musulmane et chrétienne.



Monia

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