EVE par BOUTERFAS


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Je me réveille, je pose doucement ma main sur son front puis, je glisse une caresse lente jusque sur sa tempe, je passe sur sa joue, maintenant mes doigts épousent le creux de son cou, là m’arrête un
« hmmmmmm !… » J’attends. Encore endormie, elle me prend la main et la re-dépose sur sa joue. Allongée sur le dos, les bras écartés, ouverte, les yeux fermés, la moitié d’un sourire aux lèvres elle attend que ma main repasse à l’endroit de son cou. Je
porte toute mon attention à la douceur de mon geste lent, j’arrive doucement…ça la chatouille. Elle se retient de rire c’est visible. Je ralentis encore ma caresse, elle coupe son souffle, le silence est suspendu…. J’avance ma main et la regarde interro

gatif…. elle explose de rire, nous nous enlaçons longuement….
Levés, nous préparons le petit déjeuner rapidement comme deux écureuils en compétition.
La table est mise, tartines beurrées pour moi, biscottes pour elle. Confitures, yaourts, et fruits meublent en une jolie harmonie anarchique le dessus de table. Quand le café est fait nous sommes généralement prêt, et avons eu même le temps d’une rapide

toilette. On écarte totalement les rideaux au service du café. La lumière, curieuse, entre et va ricochant de mur en mur, du sol au plafond, jusqu’au couloir, pour ralentir feutrée et enfin s’arrête timidement à l’entrée de notre chambre où les draps en

désordre rient et se chuchotent les confidences de nos nuits intimes. Le matin, au repas, Eve m’ignore assez totalement. Elle est tout à son grignotage. Et ses yeux sont concentrés à observer la disposition des couverts et des aliments, leurs couleurs re

spectives et d’ensemble. Elle regarde en peintre « la présence artistique » dit-elle. Au vue de la lumière du jour, elle prédit le temps de la journée ( ici il fait toujours beau …) Elle commente avec humour ses rêves, et la nuit « Monsieur a désiré ma
dame…d’une façon sanguine et nerveuse dirais-je. Madame a apprécié les attentions sentimentales de monsieur, elle s’en est trouvée heureusement transportée, et longuement oubliée . Cette nuit madame a peu et bien rêvé, cette économie est de bon signe. M

onsieur a bien dormi ; Il est donc dans de très bonnes dispositions, il devrait nous faire, aujourd’hui, de la prose à la façon envolée et au rythme en veux-tu en voilà » Le matin, EVE aime avoir une feuille blanche près d’elle sur la table. Tout en ma
ngeant elle fait ses impressions et n’ayant l’air de rien voir, elle fait la liste des fruits et légumes qu’elle croquerait bien tout de suite.
Ce choix la motive pour cuisiner, par la suite, le plat de midi. Enfin pour accompagner la fin du petit déjeuner elle nous fait écouter une chanson d’opéra, qu’elle a choisi instinctivement. On écoute. Selon la chanson je sais l’état d’humeur de l’âme d

e mon amour. Je lui dis exactement ce qu’elle attend de moi. Je lui fais une peinture brève de l’état présent de son émotion et je la conseille sur ceux à quoi elle devrait occuper la journée pour être au mieux. Elle m’écoute défiante et malicieuse. Joue

use elle vient à moi souriante, m’embrasse rapidement et me dit
« Tu as raison ! » On se lève et chacun va à ses occupations. Eve est de petite taille, quoique souple et agile, elle a un air gauche qui lui vient de sa nonchalance. Son corps traîne parfois des attitudes d’adolescente garçon manqué. Les cheveux, pas
toujours tenus , accentuent l’expression fragile et peureuse de l’ensemble du visage. Son sourire lumineux communique une joie profonde et spontanée. Ses yeux mobiles cachent l’état intime de son âme fluctuante. Le timbre de sa voix à la couleur de son
émotion.
« AU GRAND BOIS » est le nom que nous donnons à un lieu secret, connu de nous seul, qui nous est cher et où nous nous faisons parfois un rendez-vous.
C’est un beau jour de septembre. Au bord d’un immense champ, à la lisière d’une forêt, perdue au milieu d’une profonde campagne, un large drap blanc est posé sur l’herbe sèche.
Au centre de la toile un livre reflète la lumière du soleil sur son blanc et neuve papier, à côté trois brindilles de lavande font un petit bouquet avec une fleur de coquelicot, ils sont entrelacés avec une longue brindille verte d’herbe souple. Les fleu

rs couchées semblent dormir. Une légère brise ventile la campagne et sert de prétexte aux balancements des hautes brindilles. Un rossignol solitaire siffle et sautille, en jouant, entre les branches d’un grand arbre.
Dans le fond feutré du silence campagnard on entend la voix récitatif d’une jeune femme qui lit. Elle est assise sur le gros tronc couché d’un arbre mort. Je suis debout à six mètres. Dans la clairière ombragée un rayon de soleil me réchauffe les épaul
es et projette mon ombre sur les rares feuilles d’un tout petit arbre qui écarte ses jeunes branches, offertes, au ciel.
Eve lit la mélancolique histoire solitaire d’un jeune écrivain russe, qui traverse la steppe. L’auteur prête à son langage une prose légère et magnifique. Nous sommes transportés par l’universelle harmonie de cette pensée. Une réelle concsiense habite ch

aque chose. Nous somme soulevés. Puis EVE termine la lecture. Nous restons dans le silence. Je la regarde. Elle me regarde. Nous sommes ouverts au monde et au temps. Je suis elle, elle est moi. Nous sommes ; nous dans la forêt, la forêt qui nous entoure,

l’air léger qui glisse, en riant, entre les branches, nous sommes les consciences diverses et variées des vies qui nous entourent, partout. L’éphémère poème, la vérité fragile de notre amour impossible. Nos yeux muent du regard commun. Son attention m’a

ime, elle m’approche et détache mon cœur qui prend l’envol d’un nouveau papillon blanc, vite rejoint par son autre moitié, né de la poitrine de EVE.
Nos âmes puissantes soulèvent nos corps pantelants. Un instant nous sommes suspendus pareils à deux fantômes qui sourient, en se balançant, faisant flotter autour d’eux leurs larges habits, légers, de tissu blanc. Très haut dans l’air nous sommes deux va

peurs blanches et bleutées qui s’effacent et apparaissent entre les échos de rires qui jouent et traversent la forêt de part en part. Viens un long et froid silence qui nous re dépose doucement.
Le bruit des feuilles qu’agite le vent nous réveille peu à peu. Finalement on est revenus.
Je la regarde, elle me regarde. Je m’approche. Je lui touche la joue.
Elle sourit comme au retour d’un rêve, nous partons.


Une invitée ! …… ( JULIE )

Hollé ! Hollé !……


Bonjour ! Tu ça vas bien fort ?!
Pas mal ton chapeau !

Tu vas rire, je suis une poète!…….
Regarde je caillasse mon blog

Frappe fort ici
http://bilkilbil.skyblog.com/


Mais ! si tu en parle on t’appellera : «….mythomane  ! »



BOUTERFAS

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